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Polybioskin, une peau au naturel avec des produits plus éthiques

Le projet européen Polybioskin entend développer au niveau industriel des produits biosourcés pour des applications au contact de la peau.

Les produits au contact de la peau, qu’ils soient médicaux, sanitaires ou cosmétiques, souffrent de deux défauts : ils ne sont ni recyclables, ni biodégradables. Le projet H2020 Polybioskin entend corriger ces traits en désaccord avec la vigilance et la conscience environnementale grandissantes des consommateurs. Lancé depuis 2 ans et réunissant 12 partenaires européens dont IMT Mines Alès, Polybioskin arrivera à son terme en mai 2020. José-Marie Lopez-Cuesta, chercheur en matériaux à l’école alésienne, nous présente les enjeux de ce projet.

 

Dans quel contexte le projet Polybioskin s’inscrit-il ?

José-Marie Lopez-Cuesta : La peau est l’organe le plus important du corps humain, et notre première barrière contre les agents externes. Les cosmétiques, ainsi que les produits de soin et biomédicaux sont développés pour assurer un contact direct avec la peau ou pour la protéger. Ces produits représentent un marché considérable, englobant à la fois des produits low cost et des produits à hautes performances. Aujourd’hui, la plupart de ces produits sont obtenus à partir de polymères basés sur des ressources fossiles et ne sont ni recyclables, ni biodégradables.

Quel est donc l’objectif du projet ?

JMLC : Polybioskin doit permettre le développement au niveau industriel de solutions biosourcées et renouvelables pour des applications antimicrobiennes, antioxydantes, et absorbantes de produits en contact avec la peau. Trois marchés cibles sont concernés : les produits sanitaires, cosmétiques et biomédicaux.

À quelles problématiques scientifiques devez-vous répondre ?

JMLC : Les produits développés doivent être économiquement compétitifs tout en ayant un contenu renouvelable de 90%. Nous visons aussi une réduction de l’empreinte environnementale, à travers différents scénarios de fin de vie des produits développés. Des analyses de cycle de vie doivent démontrer leur caractère soutenable, ainsi que leur conformité vis-à-vis de de réglementations en matière de sécurité sanitaire.

Qui sont vos partenaires dans ce projet, et quelles collaborations sont importantes pour vos travaux ?

JMLC : Le consortium Polybioskin combine l’expertise de 12 partenaires de 7 pays européens. Nous avons déjà des relations avec plusieurs partenaires académiques à travers le réseau de recherche européen sur les matériaux ENMAT (European Network on Materials). Il y a également des partenaires non académiques, qui jouent un rôle important. Les industriels rassemblés dans l’association BBI sont en effet parties prenantes dans la définition des appels à projet visant à la promotion des bioplastiques. Ce projet est par ailleurs à même de permettre de démarrer de nouvelles collaborations dans le cadre de thèses et de préparer des réponses à de nouveaux appels à projet H2020.

Polybioskin fait appel à des compétences en biologie, chimie, sciences des matériaux, nanotechnologies… En quoi consiste la contribution des chercheurs d’IMT Mines Alès ?

JMLC : IMT Mines Alès développe des structures superabsorbantes pour couches bébé, et des films polymères basés sur des alliages formulés pour des applications de type masques de beauté. Il s’agit de mettre au point ces structures en utilisant uniquement des composants biosourcés par des modifications chimiques et des procédés plasturgiques. Différentes sources de celluloses ont notamment été mises en œuvre pour synthétiser des structures absorbantes. IMT Mines Alès intervient également sur l’analyse du cycle de vie de tous les composants développés au cours du projet. Pour cela nous utilisons des outils spécifiques, et notamment des bases de données sur les consommations énergétiques et les impacts des différents constituants.

Quelles sont les étapes en cours et à venir pour Polybioskin ?

JMLC : Actuellement, le projet est aux deux tiers de son avancement. Des phases pilotes sont en cours afin de développer des prototypes. Ceux-ci sont élaborés par assemblage des matériaux développés dans les premiers stades du projet. Des publications et des communications scientifiques ont été déjà été réalisées. Par ailleurs, un accord de consortium a été signé avec les industriels partenaires du projet. Cela permettra d’encadrer le transfert technologique des résultats à la fin du projet, afin que nos résultats scientifiques servent directement pour l’innovation des produits sur les marchés.

 

Les partenaires du projet Polybioskin

 

 

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