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AI4EU : un projet pour rassembler toute la communauté européenne de l’IA

Lancement du projet AI4EU le 10 janvier à Barcelone.

Projets européens H2020Le 10 janvier à Barcelone, a eu lieu le lancement du projet AI4EU (Artificial Intelligence for European Union) porté par la Commission européenne. Avec un budget de 20 millions d’euros sur 3 ans, et piloté par Thalès, ce projet doit permettre à l’Europe de prendre sa place sur le devant de la scène mondiale de l’intelligence artificielle. Si AI4EU a pour vocation de réunir et d’animer la communauté européenne de l’IA au sein d’une entité unique, le projet entend également promouvoir des valeurs chères à l’UE : éthique, transparence, et explicabilité des algorithmes. TeraLab, la plateforme d’IA de l’IMT, est partenaire d’AI4EU. Entretien avec sa directrice : Anne-Sophie Taillandier.

 

Quel est l’enjeu global du projet H2020 AI4EU ?

Anne-Sophie Taillandier : La création d’une plateforme pour rassembler la communauté de l’Intelligence Artificielle (IA), et portant les valeurs de l’Europe : souveraineté, confiance, responsabilité, transparence, explicabilité… AI4EU ambitionne de mettre les ressources de l’IA telles que les référentiels de données, les algorithmes, ou encore la puissance de calcul, à la disposition de tous les utilisateurs dans tous les secteurs de la société et de l’économie. Cela va du citoyen s’intéressant au sujet, à la PME désireuse d’intégrer des composants d’IA, en passant par les start-up, les grands groupes, les chercheurs… Ceci afin de stimuler l’innovation, de renforcer l’excellence de l’Europe et sa position de leader dans les principaux domaines de la recherche en intelligence artificielle et de ses applications.

Quel est le rôle de cette plateforme ?

AST : Il est avant tout fédérateur. AI4EU, qui compte 79 membres dans 21 pays de l’UE, constituera un point d’entrée unique permettant de se connecter à des initiatives déjà existantes, d’avoir accès à différentes compétences et expertises regroupées dans un socle commun. Elle aura également un rôle important de veille et fournira des éléments clés permettant à la Commission européenne d’orienter sa stratégie dans le domaine de l’IA.

Teralab, la plateforme Big Data de l’IMT, est partenaire du projet. Quelle est sa contribution ?

AST : TeraLab coordonne avec Orange le work package « Platform Design & Implementation ». Nous mettons à la disposition des utilisateurs des outils d’expérimentation et d’intégration, facilement utilisables sans connaissance théorique, accélérant ainsi la phase de démarrage des projets développés dans le cadre de la plateforme. Par exemple, les questions classiques au lancement d’un projet concernent la puissance de calcul nécessaire, la sécurité des données… Avec TeraLab, nous avons une infrastructure déjà rodée, capable d’apporter ces réponses très rapidement.

Sur quels cas d’usage allez-vous travailler ?

AST : Les cas d’usages pilotes concerneront les services publics, l’Internet des objets (IoT), la cybersécurité, la santé, la robotique, l’agriculture, les médias et l’industrie. Ils seront complétés par des appels ouverts (open calls) lancés au cours du projet. Ces appels sont destinés à des entreprises et des organisations qui souhaiteraient intégrer des composants de la plateforme chez eux. Elles pourraient alors bénéficier d’un dispositif de financement en cascade prévu dans le cadre d’AI4EU : la Commission Européenne finance ce projet, qui lui-même finance des entreprises proposant des projets convaincants grâce à un budget total dédié de 3 millions d’euros.

Les préoccupations éthiques prennent de l’importance dans les réflexions de l’Europe sur l’IA. Comment seront-elles traitées ?

AST : Elles occupent en effet une place centrale. La gouvernance du projet s’appuiera sur un comité scientifique, un comité industriel, mais aussi un comité d’éthique qui garantira la transparence, la reproductibilité, l’explicabilité, au moyen d’outils comme des chartes, des indicateurs ou encore des labels. Loin de représenter un frein au développement du business, l’éthique constitue une valeur ajoutée, un élément différenciant pour cette plateforme et sa communauté. La garantie que les données seront protégées, que leur utilisation ne sera pas biaisée rend la vision européenne plus concurrentielle. Au-delà de la protection des données, d’autres aspects éthiques, comme la mixité dans l’IA par exemple, seront pris en compte.

Quelle forme prendront la structuration et l’animation de la communauté IA autour de AI4EU ?

AST : Les membres du projet se réuniront à l’occasion de 14 événements prévus dans 14 pays différents pour fédérer un maximum d’acteurs à l’échelle européenne. L’animation de la communauté est un aspect essentiel du projet. De plus, un rendez-vous hebdomadaire est prévu. Tous les jeudis matin, dans le cadre d’un world café, partage d’informations, retours d’expériences, échanges entre fournisseurs et utilisateurs seront possibles. Une plateforme de collaboration numérique sera également déployée pour faciliter les interactions entre les acteurs. Keep in touch !

Les membres du consortium

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