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CUBAIR : un prototype pour purifier l’air intérieur

Améliorer la qualité de l’air intérieur ? C’est l’objectif du projet CUBAIR. En mettant au point un nouveau système de traitement, des chercheurs sont parvenus à réduire de manière significative la concentration de particules fines et d’oxydes d’azote.

 

Il faut le rappeler : la pollution de l’air à l’intérieur des bâtiments est souvent plus importante que la pollution à l’extérieur. Aux échappements automobiles et aux fumées industrielles qui rentrent dans nos bureaux et nos habitations par les fenêtres, il faut ajouter les moisissures, les polluants qui viennent des matériaux de construction, ou encore des produits d’entretien. Comment faire en sorte de respirer un air plus sain à l’intérieur des bâtiments ? C’est la question que se sont posée les chercheurs du projet CUBAIR financé par l’ADEME !

Depuis 4 ans, le groupe de chercheurs venant du Cerema, d’IMT Atlantique et du LaTep (laboratoire de l’université de Pau et des pays de l’Adour) a développé un prototype d’épuration de l’air. L’assainissement se déroule en 3 temps. D’abord, l’air insufflé est filtré par des charbons actifs aux caractéristiques différentes. Ces matériaux permettent de capturer des composés organiques présents dans l’air — on peut penser aux pesticides. À la sortie, l’air passe par une étape de filtration plus classique pour éliminer les particules fines. La dernière étape est une étape de photocatalyse. Sous l’action d’une lumière ultraviolette, des molécules de dioxyde de titane vont réagir avec quelques-uns des polluants restant dans l’air.

L’année dernière ce prototype a été testé au Centre de valorisation des ressources humaines de Paris. Objectif : étudier son efficacité en conditions réelles pendant une année entière. Les performances du dispositif ont été mesurées sur plusieurs types de polluants : les composés organiques volatils, les particules fines, les moisissures… Les résultats sont particulièrement prometteurs pour les oxydes d’azote — et notamment le dioxyde d’azote, l’un des polluants les plus importants de notre air — puisque le système de traitement permet de réduire leur concentration en sortie de 60 %. Le résultat est également positif pour les particules fines, avec une réduction de concentration de 75 % pour les particules au diamètre inférieur à 1 micron.

Seuls bémols : les composés organiques volatils ne sont pas aussi bien éliminés, et le système a tendance à chauffer, entraînant des frais de climatisation supplémentaires en été. Les chercheurs remarquent toutefois que cela a ses avantages lors de températures plus froides, et que ce désagrément doit être nuancé par l’amélioration nette de la qualité de l’air dans la pièce.

Dans l’ensemble le projet CUBAIR ouvre donc de bonnes perspectives de respirer un air plus sain dans nos futurs bâtiments. Les chiffres de l’organisme mondial de la santé publiés en 2018 rappelaient que 7 millions de morts prématurées chaque année dans le monde sont dues à la pollution de l’air. Une pollution qui a également un coût annuel de l’ordre de 20 milliards d’euros en France. Lutter contre elle représente donc un enjeu sanitaire, environnemental et économique.

 

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Particules fines : comment mieux évaluer leur impact sanitaire ?

 

Un MOOC pour tout comprendre à la pollution atmosphérique

Le 8 octobre, l’IMT a lancé son MOOC dédié à la qualité de l’air en mettant à contribution ses experts. Il présente les principaux polluants de l’air ainsi que leur origine, qu’elle soit anthropique ou naturelle. Le MOOC s’attache également à expliquer les impacts sanitaires, environnementaux et économiques de la pollution atmosphérique.

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