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Le logiciel, une des clés de l’industrie du futur

Crédit: Markus Spiske

Les 30 et 31 janvier 2018 à Nantes, le colloque aLIFE s’intéressera à l’apport de l’industrie du logiciel à l’industrie du futur. Organisé par IMT Atlantique, il vise à réunir industriels et chercheurs afin de cibler des problématiques communes, et de répondre à l’avenir à des appels à projets nationaux et européens : cloud manufacturing, protection des données, smartfactories… Hélène Coullon, Guillaume Massonnet et Hugo Bruneliere, chercheurs à IMT Atlantique et coorganisateurs du colloque, ont répondu à nos questions sur cet évènement et sur les enjeux de l’industrie du futur.

 

Quels sont les objectifs du colloque aLIFE ?

Hélène Coullon – L’objectif de ce colloque est d’organiser une rencontre entre les chercheurs d’IMT Atlantique, d’autres acteurs académiques comme l’Université technique de Munich ou Polytechnique Montréal, et des industriels tels que Dassault Systèmes, Airbus, ou La Poste, autour de la thématique Industrie du futur, et plus spécifiquement sur l’apport de l’industrie du logiciel à l’industrie du futur.

Guillaume Massonnet – Nous cherchons ainsi à adopter une démarche cohérente et constructive pour mettre en relation les besoins des industriels et les recherches que nous menons, et à déterminer quels sont les défis auxquels nous devons répondre aujourd’hui. Enfin, nous souhaiterions dégager un consortium composé d’acteurs industriels et académiques pour répondre à des appels à projets, européens ou nationaux.

 

Quelles seront les thématiques abordées ?

HC – Parmi les principales thématiques que nous souhaitons aborder nous retrouvons les smartfactories, et le cloud manufacturing, qui s’inspire du cloud computing, la modélisation des processus, des ressources et des données (physiques et logicielles), et les problèmes d’optimisation associés.

Hugo Bruneliere – Il y a d’une part une inspiration issue des approches logicielles à transposer dans le contexte de systèmes industriels, ayant une dimension physique importante, et, d’autre part se pose la question du positionnement et de l’utilisation du logiciel dans ces nouveaux processus industriels. Ces deux aspects sont complémentaires, mais peuvent être abordés indépendamment. C’est un domaine relativement nouveau. Il y a beaucoup de recherches sur le sujet, et des initiatives commencent à naître, mais il reste encore beaucoup de travail à faire.

 

Qu’est-ce que le cloud manufacturing ?

HC – Le cloud computing permet la location de ressources informatiques « à la demande », telles que par exemple : des processeurs, du stockage de données, des ressources logicielles… Le cloud manufacturing est l’application des concepts du cloud computing en transposant les ressources informatiques vers les ressources industrielles. En d’autres termes, le cloud manufacturing permet d’aller vers la production « à la demande ».

Par exemple, on peut imaginer qu’un utilisateur puisse effectuer une demande de production depuis une plateforme en ligne. Via un cloud,  cette plateforme se chargerait de répartir les tâches à effectuer sur différents moyens de production, localisés géographiquement à des endroits différents.

 

Qu’est-ce que le cloud manufacturing peut amener aux industriels ?

HB – Cela leur permet de mieux rentabiliser leurs unités de production. Les grandes entreprises ont des machines dans lesquelles elles ont investi et qu’elles veulent faire fonctionner au maximum pour les rentabiliser. Si elles ne les utilisent pas en permanence, elles peuvent mettre les capacités de productions inutilisées à disposition de petites entreprises qui démarrent, de start-up, qui n’ont pas les moyens d’investir dans ces machines. Cela permet aux grandes entreprises d’avoir un meilleur retour sur investissement, et aux plus petites de ne pas avoir à investir dans des équipements trop coûteux.

On peut également imaginer une nouvelle façon de produire à destination des particuliers, non plus en masse, mais à la demande, avec une customisation plus importante des produits.

 

Quel peut être l’apport du logiciel en ce qui concerne la sécurité des données ?

HC – Les données industrielles sont par essence des données sensibles. Évidemment, dans le contexte de l’industrie du futur où la production est distribuée, les données vont transiter par des réseaux externes et être stockées sur des serveurs distants. Elles vont donc potentiellement être exposées à des attaques. Il faut ainsi sécuriser l’ensemble du trajet que vont parcourir ces données, grâce par exemple à la cryptographie, mais également à beaucoup d’autres techniques.

 

Qu’est-ce que les smartfactories ?

GM – Une smart factory est une industrie où les différents moyens de productions sont automatisés, intelligents, et capable de communiquer entre eux. Cela soulève des problématiques liées notamment à la taille des flux de données qui circulent : on est ici dans des enjeux de big data. Il faut donc prendre en compte ces informations pour les intégrer aux décisions de production et à leur optimisation.

Les nouveaux modes de production tranchent avec les pratiques traditionnelles, où les chaînes de production étaient dédiées à des produits précis, fabriqués en grande série. Aujourd’hui, les nouvelles machines deviennent reconfigurables, et les mêmes lignes de production sont utilisées pour plusieurs types de produits. Ainsi, on tend vers une industrie qui cherche de plus en plus à customiser sa production.

 

Et ces évolutions passent par la mise au point d’architectures logicielles spécifiques ?

HB – À travers le colloque aLIFE, nous souhaitons montrer que l’apport du logiciel est nécessaire pour répondre à ces problématiques de l’Industrie du futur. Nous avons une expérience significative au sein de notre laboratoire sur les thématiques du logiciel, et nous comptons mettre à profit cette expertise pour montrer que l’on peut apporter des solutions à l’industrie.

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