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DessIA : L’ingénierie du futur par l’intelligence artificielle

Quelle est la meilleure architecture pour la boîte de vitesses d’une voiture hybride ? Si un ingénieur devait répondre à cette question, il étudierait une poignée de possibilités en s’inspirant de ce qui existe déjà sur le marché. Mais avec la start-up DessIA, la façon d’aborder le problème est tout autre. Ses algorithmes d’intelligence artificielle permettent d’envisager des milliards d’architectures différentes pour trouver la configuration optimale. Le logiciel développé par la jeune pousse construit numériquement toutes les structures possibles à partir des composants nécessaires. La performance et la faisabilité des architectures ainsi construites sont évaluées, l’espace de conception est ainsi exploré intelligemment pour réduire le nombre d’architectures effectivement testées. Un tri automatisé et intelligent permet ainsi de ne garder que les meilleures architectures. Outre la possibilité d’analyser un nombre considérablement plus élevé que ce qu’un humain peut faire, l’avantage de DessIA est de proposer des agencements de composants radicalement différents de ce qui existe déjà. « Lorsqu’on présente nos approches à un industriel, beaucoup nous font la remarque que c’est exactement comme cela qu’ils souhaiteraient travailler mais qu’ils n’ont aucune idée de comment aborder le sujet ! » assurent Pierre-Emmanuel Dumouchel et Steven Masfaraud, cofondateurs de la start-up incubée à ParisTech Entrepreneurs.

Pour l’instant, DessIA est spécialisée sur les sujets de transmission de puissance mécanique. Il peut aussi bien s’agir des boîtes de vitesses automobiles que des systèmes de transfert d’énergie entre les turbines et les pales d’un hélicoptère. La thématique à elle seule est déjà large, et correspond à l’expérience de ses deux fondateurs, anciens employés de PSA. La problématique peut même être poussée jusqu’aux systèmes mécatroniques des mécanismes complexes motorisés électriquement. Si les cas d’usage de la start-up se limitent à cette thématique, c’est parce que le travail des algorithmes nécessite d’être piloté par une connaissance approfondie du secteur. Pour autant, les deux fondateurs ne s’interdisent pas d’aller plus tard vers l’aide à la conception de systèmes électriques ou hydrauliques. Mais pas avant quelques années.

En restant sur les systèmes mécaniques, de nombreuses perspectives se présentent à la jeune entreprise. L’objectif de DessIA est d’aller au-delà de la simple optimisation des architectures. Une fois la meilleure structure définie, l’idéal serait de pouvoir obtenir de façon très simple un plan industriel en 2D, voire même les CAO 3D pour pouvoir les intégrer directement dans les logiciels de conception assistée par ordinateur. Les deux fondateurs envisagent d’atteindre ce résultat d’ici fin 2018. S’ils y parviennent, ils pourraient bien redéfinir au niveau industriel la façon de concevoir un système mécanique, depuis la phase de réflexion jusqu’au dessin de la pièce.

 

Pierre-Emmanuel Dumouchel a passé 10 ans au sein de PSA. Après avoir encadré la thèse de Steven Masfaraud durant trois ans, ils décident tous deux de créer DessIA. Ils ambitionnent de réduire la complexité qui entoure les ingénieurs sur les questions de conception, en adoptant une approche de rupture basée sur l’intelligence artificielle.

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