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La gestion des laitiers sidérurgiques : un nouveau projet sélectionné par l’ANR

Tas de laitier de haut fourneau à l'usine sidérurgique de Fos-sur-Mer. Photo Wikipédia

Porté par Mines Saint-Étienne, le projet HYPASS a été sélectionné par l’ANR dans la catégorie Technologie pour l’environnement. Son objectif : développer une démarche technologique innovante permettant simultanément la récupération des métaux d’intérêt stratégique des laitiers, ainsi qu’une gestion se voulant plus écologique des crassiers métallurgiques.

 

HYPASS (Approches hydrométallurgique et de phytomanagement pour la gestion des laitiers sidérurgiques), porté par Fernando Pereira, ingénieur de recherche au centre SPIN de Mines Saint-Étienne, est un projet de recherche collaborative à forte connotation technologique et environnementale. Il débutera en décembre et réunira deux partenaires académiques (Armines/centre SPIN en tant que leader et le Bureau de Recherches Géologiques Minières, BRGM) et un partenaire industriel (Industeel France ArcelorMittal).

Il bénéficiera des soutiens du pôle de compétitivité Chimie-Environnement AXELERA et du Groupement d’Intérêt Scientifique « Redéploiement Post-Industriel Loire Territoires urbains » (GIS PILoT).

Le terme générique de laitiers sidérurgiques englobe plusieurs matériaux aux caractéristiques physico-chimiques différentes : il s’agit de matières minérales artificielles (classifiées en tant que déchets) produites en grande quantité, à raison de plusieurs millions de tonnes par an en France, par l’industrie du fer et de l’acier : la sidérurgie.

Particulièrement riches en métaux d’intérêt stratégique valorisables (sous forme métal, oxyde ou hydroxyde), ces matériaux sont néanmoins massivement stockés au sein de crassiers sidérurgiques et constituent autant de nuisances potentielles pour l’environnement et la santé publique

HYPASS s’intéressera à la problématique dans son ensemble au travers de la caractérisation des stocks existants de laitiers disponibles, du développement de nouvelles technologies d’extraction des ressources métalliques valorisables et finalement d’exploration de nouvelles méthodes de gestion de décharges contaminés :

« Le but ultime du projet est de développer, en aval de la production des laitiers, une procédure de gestion zéro déchet se voulant autant que possible économiquement viable et acceptable d’un point de vue environnemental. »

laitiers sidérurgiques
Vue aérienne du site Industeel France ArcelorMittal de Châteauneuf

Développer et évaluer deux voies de valorisation très différentes mais complémentaires : une approche basée sur des principes physiques et hydrométallurgiques (en conditions alcalines), visant une récupération optimale des métaux d’intérêt stratégique et une approche de phytostabilisation.

De forts impacts attendus à terme

D’un point de vue technologique, le développement de nouvelles méthodes de récupération de métaux stratégiques est la fois très innovant et prometteur, car elles permettront d’envisager le traitement de grandes quantités de laitiers, qui sont actuellement particulièrement mal valorisés.

D’un point de vue environnemental, l’utilisation de la phytostabilisation comme méthode de confinement ne permettra pas simplement de protéger les crassiers de l’érosion mécanique et d’améliorer leur aspect visuel, mais également de stimuler la restauration d’un écosystème local et d’accélérer la construction d’un technosol.

« Une restauration de la biodiversité et le développement d’un néo-sol donneront une nouvelle valeur aux crassiers abandonnés, en lien avec les services écosystémiques qu’un site peut offrir. »

La version originale de cet article a été publiée dans Panoramines, l’actualité de Mines Saint-Étienne

 

 

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