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Start-up : les grandes entreprises ne doivent pas avoir peur d’investir

Start-up : les grandes entreprises ne doivent pas avoir peur d’investir

Quelle est la place des start-up dans l’écosystème d’innovation des entreprises ? Au travers du cas d’étude des jeunes pousses spécialisées dans le big data, la question était abordée par la chaire Big Data & Market Insights de Télécom ParisTech lors de sa journée annuelle le 13 octobre dernier. Talel Abdessalem, porteur de cette chaire, revient pour nous sur la posture des entreprises, et les peurs qui subsistent quant à leur prise de risque.

 

Le financement des start-up en France progresse ! En 2015, le capital-risque enregistrait une croissance annuelle de plus de 100 %. Mais l’investissement national vers les jeunes pousses reste cependant inférieur à celui du Royaume-Uni ou de l’Allemagne. Ce constat, dressé dans une note du Conseil d’analyse économique en juillet 2016, montre que malgré des progrès, des pistes d’amélioration du soutien aux entrepreneurs existent. Pour Talel Abdessalem, porteur de la chaire Big data & Market Insights à Télécom ParisTech, il est évident que « les entreprises ont un rôle à jouer ». En particulier dans le secteur des données, nouvelle matière première pour la création de valeur.

« De ce côté, il y a des choses rassurantes : après avoir un peu traîné des pieds, les entreprises se rendent compte que c’est important d’investir dans les start-up pour améliorer leur stratégie big data » poursuit le chercheur. Qu’il s’agisse d’un rachat ou d’un contrat, les grandes entreprises voient les avantages apportés par les jeunes pousses. D’une part, les start-up proposent bien entendu un produit, qui répond à des besoins spécifiques, dans un contexte de transition numérique qui impose aux grandes entreprises des innovations rapides.

Mais il s’agit aussi de s’entourer de talents et d’une dynamique particulièrs. « L’environnement de la start-up, son agilité et l’engagement des entrepreneurs sont des choses qu’une grande entreprise peut difficilement recréer en interne » souligne Talel Abdessalem. En plus de cela, le profil des ‘startuper’ allie souvent des savoir-faire techniques — théoriques ou pratiques — à des compétences marketing. Cette diversité apparaît d’autant plus précieuse en France, où « nous avons des bons talents en mathématiques » selon le chercheur, et où « les théoriciens de l’analyse des données sont très recherchés par les entreprises. »

Karim Tekkal, CTO de la start-up Safety Line, explique l’intérêt de travailler avec une grande entreprise, et comment la collaboration s’organise. 

 

Offrir un accompagnement plus en profondeur

Pour les groupes, s’associer à des start-up est une pratique nouvelle. Elles font face au challenge de réussir ces intégrations, qui n’ont rien à voir ni avec le recrutement d’individus, ni avec la structuration de nouvelles équipes. L’entreprise doit préparer son environnement pour le rendre favorable à l’insertion des nouvelles compétences et des nouveaux produits. Sur le big data, « une start-up qui vient d’être intégrée doit avoir un accès presque immédiat aux données de l’entreprise » explique Talel Abdessalem.

Les intégrations des jeunes pousses, ou même la signature de contrats avec elles, restent encore une pratique émergente du côté des grandes entreprises. Elles veulent des garanties, et les partenariats qu’elles mettent en place avec les start-up prennent souvent la forme de soutiens de moindre ampleur, comme l’organisation de concours ou l’incubation dans leurs locaux dédiés.

Or, « il ne faut pas que ces rapprochements restent superficiels » avertit Talel Abdessalem. Car ce que veulent les start-up, ce sont avant tout des contrats. Lorsqu’elles gagnent des concours, ou lorsqu’elles arrivent à être incubées, leurs réactions sont toujours dans l’expectative : que se passera-t-il après ? Comment concrétiser cela pour augmenter le carnet de commandes ?

Pour décoller, les jeunes pousses ont besoin de sortir d’une phase d’innovation pour entrer dans une étape d’industrialisation de leurs produits. Or cela ne peut se faire que si elles trouvent des clients ou des acteurs pour les intégrer. La proximité de Talel Abdessalem avec des start-up et des grands groupes comme SNCF, Deloitte, BPCE ou encore Yves Rocher au travers de sa chaire l’a convaincu : les grandes entreprises françaises doivent accepter de prendre plus de risques. Même modérés : les entrepreneurs acceptent facilement des contrats courts, sur quelques mois. « Mais Criteo ne serait pas où elle en est aujourd’hui si elle n’avait pas eu des investisseurs qui s’engagent » rappelle le chercheur.

 

Le+bleuLa chaire Big Data & Market Insights en bref 

La chaire Big Data & Market Insights est portée par le Professeur Talel Abdessalem de Télécom ParisTech avec une équipe d’enseignants-chercheurs de Télécom ParisTech et de Télécom École de Management. Elle est financée par Deloitte, Groupe BPCE, Groupe Rocher et SNCF. Elle a pour objectif de s’attaquer à des problématiques clés dans le domaine de la gestion et de l’analyse de données big data.

Pour en savoir plus sur les travaux de la chaire :

Big Data et entreprise : les défis relevés par la chaire de Talel Abdessalem

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