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Avec PREVER, tous les résidus sont valorisables en énergie

Mines Nantes accueille au coeur de son établissement une plateforme technologique unique en France : Prever. Celle-ci offre en effet un panel très large de compétences et d’outils pour valoriser les déchets industriels et ménagers en énergie. Elle aide ainsi les entreprises de façon personnalisée pour produire des combustibles ou carburants à partir de résidus divers.

 

Lorsqu’il doit se débarrasser de ses déchets, l’homo sapiens adopte une stratégie tout à fait curieuse. Il creuse un énorme trou, y enfouit ses ordures et autres débris, referme le trou, et recommence plus loin. Hop ! « Ni vu, ni connu ». Ces dernières décennies, des individus de cette espèce ont averti leurs congénères des dangers de continuer une telle pratique. Ils avancent des conséquences sur la pérennité de leur habitat et de leur environnement, et donc sur leur propre survie. Des répercussions qui donneraient presque envie de renier sa condition profonde d’être humain. Fort heureusement, des solutions voient le jour !

À Mines Nantes, 520 m2 sont ainsi alloués à une plateforme de recherche et d’étude sur la valorisation énergétique des résidus (Prever) du laboratoire Gepea (UMR CNRS 6144). L’objectif des scientifiques y travaillant ? Collaborer avec les entreprises pour expérimenter des solutions de recyclage des déchets ménagers ou industriels et les transformer en source d’énergie. « Il s’agit autant d’entreprises qui veulent produire de l’énergie à partir de leurs résidus pour elles-mêmes, que de PME ou de start-up qui veulent développer une offre de recyclage » explique Mohand Tazerout, responsable de Prever.

L’équipe de la plateforme accueille les entreprises et identifie leur demande, qu’il s’agisse de problèmes précis et particuliers pour les TPE ou de programmes d’envergure pour les grandes entreprises. Les chercheurs prototypent ensuite une solution prenant en compte l’ensemble de la chaîne de valorisation : du résidu brut au produit final. Celui-ci peut aussi bien être un gaz de synthèse, un combustible solide ou un carburant. L’un des atouts de la plateforme est également d’accompagner les entreprises du prototypage à la mise à l’échelle.

 

Une offre technologique unique en France

Un autre avantage de Prever est de disposer de toute la machinerie nécessaire à l’étude des performances des procédés de valorisation. « Lorsque nous avons un carburant liquide par exemple, nous disposons de cellules moteurs nous permettant d’étudier ses caractéristiques énergétiques ou son impact environnement » décrit Mohand Tazerout. La plateforme possède en effet un équipement technologique d’envergure, comportant des chaudières électrogènes, des micro-turbines à gaz, des appareils de liquéfaction hydrothermale… « Je pense que nous sommes la seule en France qui rassemble tout le matériel de la chaîne de valorisation dans un même lieu » poursuit le chercheur.

En plus de la partie technique, Prever offre également un laboratoire d’analyses physico-chimiques, ajoutant à la largeur de l’offre : spectroscopie atomique, analyse thermogravimétrique, mesure d’indice d’octane, etc. Ainsi qu’un personnel adapté et compétent, comme le mentionne Mohand Tazerout : « Le département associé à Prever compte une dizaine de chercheurs travaillant sur les programmes avec les entreprises, plus des techniciens et certains thésards recrutés spécialement pour des projets particuliers ».

Si le panel des voies de valorisation semble large, c’est aussi parce que la plateforme est capable de prendre en charge tout type de résidus. « Nous travaillons sur tous les déchets, qu’ils sortent de l’industrie agro-alimentaire, des ménages ; qu’ils soient organiques, inorganiques, liquides ou solides… » énumère le chercheur. Et cela comprend également des déchets inhabituels et atypiques, comme les déchets de bois maritimes souillés par des marées noires. Prever cherche ainsi à montrer que tous les résidus sont valorisables, et que creuser un trou pour les y cacher dedans n’est plus vraiment une solution de notre temps.

 

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