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Carnauto booste les PME pour développer les transports de demain

Carnauto booste les PME pour développer les transports de demain

Belles histoiresÀ l’image de la voiture, l’ensemble des transports est en pleine mutation. Ils sont déjà « intelligents ». Demain, ils seront autonomes. De telles avancées demandent des efforts de recherche et d’innovation considérables. Afin de stimuler les avancées technologiques, l’action Carnauto rassemble neufs instituts de recherche spécialisés dans cette thématique, dont l’institut Carnot Télécom & Société numérique. Matériaux, motorisation, mobilité et technologies de l’information sont autant de compétences rassemblées et mises à disposition des PME pour faciliter le transfert technologique dans la filière automobile et mobilités. Gérard Cambillau, chargé de mission à Télécom ParisTech et à l’Institut Mines-Télécom, nous présente l’action Carnauto et ses enjeux.

 

Quels sont les objectifs de l’action Carnauto ?

Gérard Cambillau : Le rôle de Carnauto est de booster les TPE, PME et ETI en les amenant à se tourner davantage vers la recherche. Actuellement, ces entreprises sont assez peu présentes dans des contrats de recherche. Nous essayons donc de développer des contrats directs entre instituts publics et industries, en particulier dans le cadre de relations Carnot, puisque l’action Carnauto regroupe neuf de ces instituts. C’est important pour les entreprises du secteur de l’automobile de s’allier à des partenaires de recherche qui ont des compétences et des expertises au niveau scientifique sur le sujet. Et lorsque je parle d’automobile, c’est au sens très large. Carnauto cible aussi bien la construction et la motorisation que les services de mobilité. Au final, c’est vraiment l’ensemble des transports du futur qui sont concernés.

 

Pour une entreprise, quels sont les avantages de s’adresser au groupement Carnauto plutôt qu’à un institut de recherche en particulier ?

GC : Les neufs instituts Carnot sont solidaires dans leur action. En plus du Carnot Télécom & Société numérique, Carnauto compte dans ses rangs d’autres instituts qui excellent dans la recherche scientifique et qui ont aussi une vraie connaissance de la relation entreprise (ndlr : voir en bas de page pour la liste complète des instituts Carnot engagés). Nous proposons une identification des besoins et une réorientation de façon collégiale vers nos entités les plus adaptées. Au-delà des partenariats de recherche avec des scientifiques à la pointe de leur domaine, il s’agit aussi d’offrir un accompagnement personnalisé, des expertises, des formations et l’accès à 65 plateformes Carnauto technologiquement très avancées, notamment pour les essais et la simulation.

 

Sur quels domaines le Carnot Télécom & Société (TSN) numérique apporte-t-il une réelle valeur ajoutée ?

GC : Le Carnot TSN est très investi dans tout ce qui concerne le véhicule connecté et autonome. La voiture devient de plus en plus un robot mobile doté de capteurs intelligents, relié à des bases de données distantes. Ce sont les domaines de l’internet des objets, du big data, des architectures réseaux, des liaisons LTE, 5G qui se retrouvent donc en première ligne. C’est un champ énorme pour les écoles Télécom, avec une pensée particulière pour Télécom Paris Tech, partenaire principal du projet de mobilité intelligente Normatis avec localisation par smartphone, et Télécom Bretagne qui est déjà bien engagée sur des thématiques comme la connectivité, l’interopérabilité ou le traitement du signal. La start-up YoGoKo en est un parfait exemple. Sur le big data, nous mettons aussi à disposition la plateforme Teralab permettant de tester et d’optimiser des environnements logiciels pour la collecte, le traitement et l’analyse de données. Et puis je parlais précédemment du volet formation ; là-dessus nous sommes bien armés avec notre offre de formation continue Télécom Évolution.

 

Carnauto En France, le secteur automobile est le premier dépositaire de brevets.
En France, le secteur automobile est le premier dépositaire de brevets.

 

Avec autant d’arguments, comment expliquez-vous que les entreprises soient encore réticentes à venir vers la recherche publique et qu’une action de l’ampleur de Carnauto soit nécessaire pour les convaincre ?

GC : C’est vrai que l’offre est remarquablement avantageuse pour les PME. Ne serait-ce que la mise à disposition de plateformes : c’est de l’or pour elles ! Plutôt que de faire des milliers de kilomètres sur route pour valider des automatismes de sécurité par exemple… Si peu de PME se tournent vers la recherche, c’est souvent parce qu’elles ont peur des coûts et des durées. Et elles ont en partie raison. Ne serait-ce que pour monter un dossier de recherche, il faut investir beaucoup de temps, et donc d’argent, avec un succès non garanti à l’arrivée. Mais justement : la collégialité, en particulier avec des institutions qui ont une réelle expérience des partenariats public-privé, les affranchit de ces contraintes. Et puis les entreprises sont parfois mal renseignées. Par exemple, elles ne savent pas qu’elles peuvent bénéficier du crédit impôt recherche, le CIR, lorsqu’elles s’adressent à nos laboratoires ; dont le montant facturé est en plus doublé dans la comptabilisation de son assiette puisqu’il s’agit d’un partenariat avec un établissement public.

 

Cette action Carnauto d’aide aux entreprises françaises ne semble-t-elle pas un peu vaine à l’heure où la silicon valley, menée par Google, s’affiche comme leader incontestable dans le domaine ?

GC : Il y a deux approches de la voiture autonome. Google — ou d’autres comme Apple — visent la production directe de voiture autonomes en s’appuyant sur leurs connaissances du numérique et essaient de sortir rapidement un produit ex nihilo. Les constructeurs automobiles adoptent une autre voie, plus progressive, rendant le véhicule de plus en plus intelligent en y rajoutant peu à peu des capteurs et une automatisation de plus en plus développée jusqu’à la délégation de conduite, dernière étape avant le véhicule autonome. Et la France a un réel savoir-faire dans le domaine. C’est d’ailleurs le secteur automobile qui dépose le plus grand nombre de brevets sur notre territoire. Et d’immenses projets sont en cours. C’est le cas de Scoop qui intègre Télécom ParisTech et Télécom Bretagne : il s’agit d’une expérimentation avec des infrastructures intelligentes sur 2 000 km de route, avec des centaines de voitures communicantes qui roulent dessus. Eurecom est aussi très impliqué dans les travaux sur les réseaux LTE et 4G, avec une attention particulière portée à la standardisation. Toute cette expertise française a des retombées positives sur la qualité de nos recherches. Cet écosystème dans lequel nous sommes baignés, et auquel participe Carnauto, bénéficie — et continuera de bénéficier — aux entreprises et particulièrement aux PME qui s’associent avec nous.

 

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Le+bleu

Carnauto, 9 instituts Carnot pour la filière automobile et mobilités

 

Carnauto est une action « Carnot filières » regroupant 9 instituts Carnot sous l’égide du Carnot IFPEN Transports Energie (IFPEN TE) :

  • Carnot ARTS
  • Carnot CEA LETI
  • Carnot CEA LIST
  • Carnot CETIM
  • Carnot Energies du futur
  • Carnot ESP
  • Carnot Ingénierie@Lyon
  • Carnot Télécom & Société numérique (TSN)

 

L’institut Carnot TSN est lui-même composé de 8 entités : Télécom ParisTech, Télécom Bretagne, Télécom SudParis, Télécom École de management, Eurecom (filiale de l’Institut Mines-Télécom), Télécom Physique Strasbourg et Télécom Saint-Étienne (écoles associées de l’Institut Mines-Télécom), École Polytechnique (laboratoires Lix et CMAP) et Strate Collège.

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