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Linkurious est une start-up de data visualisation gratifiée d'un prêt d'honneur en 2015.
Linkurious est une start-up de data visualisation gratifiée d'un prêt d'honneur en 2015.

Start-up : l’accélération version Mines-Télécom fait des émules

Depuis 2012, plus de 40 start-up de l’Institut Mines-Télécom ont été soutenues par le fonds Numérique d’Initiative Grandes Écoles & Universités (IGEU). Après avoir ouvert son modèle l’an dernier à Arts et métiers, IGEU souhaite étendre son dispositif à de nouveaux partenaires et organise ses premières Assises le 30 novembre.

 

Chaque année, une dizaine de start-up sortant des incubateurs des écoles Télécom de l’Institut Mines-Télécom bénéficient d’un « prêt d’honneur », attribué par Initiative Grandes Écoles & Universités (IGEU). D’un montant pouvant atteindre 40 000 €, ces prêts à taux zéro sont de véritables outils d’accélération pour ces jeunes entreprises. « Les prêts d’honneur arrivent à un moment charnière dans la vie des start-up » nous explique Florent Mérian, directeur délégué à IGEU. « Ils interviennent lorsque les créateurs ont terminé leur phase de développement et vont vers une phase de commercialisation » précise-t-il.

 

Les experts du comité des prêts d'honneur se réunissent trois à quatre fois par an.
Les experts du comité des prêts d’honneur se réunissent trois à quatre fois par an.

 

Le dispositif est né il y a quelques années, lorsque la Fondation Télécom récompensait les meilleurs stages, les meilleures thèses et, déjà, les meilleures start-up au sein des écoles Télécom de l’Institut. Si l’idée partait d’un bon sentiment, elle atteignit rapidement ses limites, notamment en terme de volume de financement. Les incubateurs, la Fondation Télécom et l’Institut Mines-Télécom ont donc réfléchi à un système qui puisse avoir une vraie valeur pour le créateur, et un impact conséquent sur son activité. C’est ainsi qu’a été créé un fonds de prêt en 2012, en partenariat avec la Caisse des dépôts et Initiative France. Sur les montants qui atteignaient déjà la valeur qu’ils ont aujourd’hui, à savoir entre 10 000 et 40 000 €, « la Caisse des dépôts fournissaient la moitié et le reste était réparti entre la Fondation et l’Institut » raconte Florent Mérian. Les remboursements des prêts à taux zéro ont été planifiés sur une période de 4 à 5 ans ; si bien qu’aujourd’hui, les investisseurs commencent à financer les nouveaux projets via les retours des investissements précédents.

L'apport en financement diminue depuis 2012. Les remboursements des start-up assurent l'approvisionnement du fonds de prêt.

Expansion du modèle

En 2014, la Fondation Arts et Métiers, liée à l’école nationale supérieure du même nom, décide d’adopter le même modèle. Initiative Grandes Écoles & Universités, qui soutenait jusqu’alors uniquement des start-up labellisées Mines-Télécom, décline donc son activité sous deux fonds d’investissements. D’un côté, le fonds Numérique continue d’accélérer les jeunes entreprises de l’Institut Mines-Télécom, toujours sur la base d’un partenariat entre la Caisse des dépôts, la Fondation Télécom et l’Institut. De l’autre côté, le fonds Arts et Métiers est financé par la fondation éponyme et la Caisse des dépôts. L’expansion de ce modèle est prometteuse, et elle sera au cœur des premières assises de l’Initiative le 30 novembre prochain.

8 critères sont pris en compte pour la sélection des start-up. Les 4 plus importants étant l'équipe, la technologie, l'ambition et l'effet de levier. « Nous cherchons à identifier de nouveaux établissements pour ouvrir de nouveaux fonds » affirme ainsi Florent Mérian. Le but de ces assises est donc de convaincre de nouveaux établissements de suivre le modèle Mines-Télécom. Mais il est également de chercher de nouveaux investisseurs pour chaque fonds. « Dans un monde idéal, nous ne sélectionnerions pas que 10 % des start-up des incubateurs du réseau de l’Institut ; nous les financerions toutes, et nous donnerions davantage aux plus ambitieuses » assure Florent Mérian. Les nouveaux investisseurs quant à eux tireraient sans nul doute avantage d’une proximité avec des jeunes entreprises porteuses de projets souvent très prometteurs. En 2014 par exemple, les lauréats des prêts d’honneur comptaient dans leur rang Linkurious et Sevenhugs, deux start-up aujourd’hui bien lancées. Depuis son lancement, IGEU a investi plus de 1,5 million d’euros dans le soutien de 110 créateurs, correspondant à 50 start-up, dont 40 issues des incubateurs Mines-Télécom. Un nombre qui progressera encore dès le 26 novembre 2015, date à laquelle se réunit le comité du fonds Numérique, qui décidera alors de soutenir 3 à 4 nouvelles entreprises.

 

En savoir + sur Linkurious, lauréat d’un prêt d’honneur en 2015
En savoir + sur Sevenhugs, lauréat d’un prêt d’honneur en 2014
En savoir + sur les investissements du fonds Numérique d’IGEU

 

Le+bleu

3 prêts d’honneur supplémentaires accordés à des start-up Mines-Télécom

Trois à quatre fois par an, le comité du fonds Numérique d’Initiative Grandes Écoles & Universités (IGEU) identifie des start-up incubées par les écoles du réseau Mines-Télécom et leur attribue un prêt d’honneur. La dizaine de lauréats annuelle — 13 en 2015 — bénéficie alors d’un prêt de 10 000 à 40 000 € à taux zéro. Les dernières entreprises en date à avoir reçu un tel soutien, choisies le 26 novembre 2015, sont :

  • SEO4Ajax : exploitation des dernières technologies disponibles dans les navigateurs web pour améliorer l’expérience utilisateur et le référencement sur les moteurs de recherche et les réseaux sociaux.

  • UAVIA : services clé en main d’acquisition, de traitement et d’analyse de données aériennes. Inspections aériennes par drone, en quelques clics et sans aucune intervention humaine sur le terrain.

  • Watchdog System : un antivol pour moto connecté et communautaire dont L’ergonomie est repensée pour améliorer l’expérience utilisateur.

Les prêts d’honneur surviennent en général lors d’une période clé dans la vie de ces start-up, et agissent en véritable levier. Très souvent, ce soutien est à coupler avec celui apporté par les régions. En Ile-de-France par exemple, une entreprise en sortie d’incubateur peut espérer, en plus des prêts d’honneur, des investissements sous forme de prêts allant de 60 000 à 90 000 €.