Accueil / environnement / ConnectinGEO : connecter les réseaux européens d’observation de la Terre

ConnectinGEO : connecter les réseaux européens d’observation de la Terre

Projets européens H2020(1/2) Depuis les satellites jusqu’aux capteurs situés sur des bouées au milieu des océans, l’observation de la Terre prend bien des formes et les données récoltées sont en quantités de plus en plus importantes. Pour améliorer la connaissance du climat, des ressources naturelles et plus généralement de l’environnement qui nous entoure, le défi scientifique consiste aujourd’hui à mettre en relation les différents moyens d’observation et les équipes qui travaillent dans ce domaine. C’est l’objectif du projet européen ConnectinGEO, comme l’expliquent René Garello et Nicolas Bellec, chercheurs à Télécom Bretagne.

Créer une base de données relationnelle pour coordonner et supporter les recherches sur l’observation de la Terre et l’innovation dans l’Union Européenne, c’est l’objectif ambitieux du projet ConnectinGEO, développé dans le cadre d’Horizon 2020. « Il s’agit de renforcer les réseaux d’équipes (laboratoires, entreprises, instituts…) qui travaillent dans le domaine de l’observation de la Terre, à partir de mesures spatiales, aéroportées et in situ, pour améliorer leur usage dans différents domaines sociétaux, » indique le chercheur René Garello, qui pilote le projet à Télécom Bretagne.

Améliorer le continuum entre observations spatiales et in situ

Un véritable défi, comme l’explique son collègue Nicolas Bellec : « Mettre en relation des observations satellitaires avec des observations in situ, ce n’est pas si évident. Les données in situ, comme par exemple les bouées pour l’observation des océans, sont liées à des équipes thématiques qui travaillent au niveau de leurs capteurs, avec des moyens et des objectifs totalement différents des équipes utilisant des observations par satellites. Notamment, les données in situ sont plus ponctuelles que les données satellitaires, elles sont locales quand les données recueillies par satellites sont à grande échelle. Or, pour améliorer les modèles climatiques utilisés par le GIEC (Groupe d’experts inter-gouvernementaux sur l’évolution du climat) par exemple, il faut mettre ensemble ces équipes et pointer les manques : ce qui n’est pas observé et qui devrait l’être… »

Des lacunes dans l’observation ?

C’est le deuxième aspect du projet ConnectinGEO : analyser les besoins et les moyens d’observation. « Il s’agit d’organiser les stratégies pour que deux équipes ne fassent pas deux fois les mêmes observations dans les projets européens, et d’identifier les lacunes de l’observation, qu’elles soient spatiales (zones non couvertes) ou thématiques (domaines non couverts), » précise Nicolas Bellec. Cette analyse permettra de définir des indicateurs pour mesurer ces manques, qui serviront à établir des priorités pour les systèmes futurs. « Les conclusions qui seront tirées du projet permettront de donner à l’Union Européenne de meilleurs moyens de piloter et d’orienter les recherches, explique René Garello. Par exemple, il serait intéressant de développer l’observation globale des échanges océan/atmosphère en termes de carbone. Aujourd’hui, l’acidification de l’océan (signe que du carbone a été absorbé) n’est observée qu’indirectement, via les mesures de température, salinité et pression. »

Les chercheurs auront aussi pour mission de faire l’inventaire des laboratoires et des équipes avec les « best-practices » et à s’interroger sur ces pratiques : Que font ces équipes des informations qu’elles rassemblent ? Quelle est leur finalité ? Que veulent les utilisateurs finaux ? Que proposent les entreprises ? Avec l’idée de développer des services européens utilisant les données d’observation de la Terre.

Lire : « ConnectinGEO (2/2) : Une plateforme ouverte pour agréger les données in situ »

ENEON : un réseau des réseaux européens

L’équipe de chercheurs de Télécom Bretagne intervient plus particulièrement dans le workpackage qui met en place le réseau ENEON (European Network of Earth Observation Networks), qui a vocation à regrouper plusieurs projets européens qui travaillent dans le même domaine. « Télécom Bretagne est l’entité experte du Regional Contact Office Brittany, dont l’objectif est de faire l’état des lieux de tout ce qui se fait en observation de la Terre et de mettre à disposition une grande base de données. On a donc déjà fait un travail de listing, avec une focalisation plus forte sur l’aspect maritime de l’observation de la Terre, une expertise que l’on peut étendre aux autres domaines. »

A terme, le projet ConnectinGEO doit aider à implémenter deux initiatives internationales : le programme européen de surveillance de la Terre Copernicus, et GEOSS, le Système mondial des systèmes d’observation de la Terre. Nous n’en sommes aujourd’hui qu’au début, et les chercheurs posent les bases du travail à venir : « Lors des premières téléconférences, raconte Nicolas Bellec, on a travaillé sur la définition d’un réseau : on veut faire le réseau des réseaux d’observation de la Terre, mais à partir de quelle échelle parle-t-on de réseau ? »

En savoir + sur le projet H2020 ConnectinGEO
En savoir + sur le réseau GEOSS
En savoir + sur le programme Copernicus

Chercheurs : quelques conseils pour se lancer dans un projet européen

« Il faut avoir de la disponibilité, et surtout bien s’imprégner du mécanisme administratif : pour gérer la contribution à un projet européen ou l’écrire, il faut maîtriser les contraintes (délivrables, disponibilité des ressources…). Il y a une énorme différence entre ce qu’on veut faire et ce qu’on peut faire. Sachez que ce n’est pas uniquement l’aspect scientifique qui va faire gagner le projet, il faut mettre en avant son expertise en la présentant dans le bon cadre. » René Garello

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *