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Quelle est la valeur du doctorat ?

Qui sont ces étudiants qui se lancent dans un doctorat ? Pourquoi passer trois années à faire une thèse et que peut-on faire ensuite ? Ce sont les questions auxquelles ont répondu Anaïs Vergne, Elie Awwad et Ali Osmane, trois docteurs diplômés de Télécom ParisTech, mardi 14 avril, lors de la table ronde organisée par l’école sur « La valeur du doctorat ».

Après l’obtention d’un diplôme d’ingénieur, l’une des possibilités consiste à poursuivre en thèse. Le doctorant a un statut mixte entre étudiant et salarié. La thèse est financée soit par les fonds publics, soit par l’école dans le cadre d’un contrat avec un partenaire industriel – c’est le cas des contrats Cifre. Mais la thèse, c’est avant tout une grande diversité de parcours, de rêves, d’ambitions et d’opportunités.

Recherche académique ou industrielle ?

Aujourd’hui, une grande majorité des docteurs de Télécom ParisTech s’orientent ensuite vers la recherche industrielle. Mais ce n’est pas la seule voie. Anaïs Vergne voulait devenir enseignant-chercheur. « La thèse est la condition sine qua non pour entrer dans le monde académique. »

Elie Awwad est diplômé de la promo 2011 de Télécom ParisTech. Au départ, il avait lui aussi un penchant pour la recherche académique : « J’ai bien aimé la liberté qu’on a dans le monde de la recherche d’investiguer là où l’on veut et d’être curieux. ». Mais lorsque des membres d’Alcatel-Lucent visitent le laboratoire d’optique, il leur présente son travail et le courant passe. « C’était l’opportunité de faire une expérience en début de carrière dans un laboratoire reconnu à l’internationale, de voir les contraintes de l’entreprise et du développement de produits. »

Et puis il y a les autres. Ceux qui bifurquent complètement, mais gardent des méthodes de la R&D. C’est le cas d’Ali Osmane, qui est devenu consultant en management chez Airmis. « L’idée de faire une thèse date du début de ma scolarité : je voulais aller jusqu’au doctorat, qui est le diplôme le plus haut et qui est reconnu mondialement, surtout dans mon pays, le Liban. Le doctorat, c’est le passeport qui va me permettre d’aller partout et de faire évoluer ma carrière dans le futur. »

La thèse, une expérience pro à valoriser

Quel que soit le chemin choisi, la thèse est une expérience valorisante. Pour Anaïs, « cela permet de prendre beaucoup de recul sur un sujet et de devenir très expert dans un domaine. On acquiert une méthodologie, on apprend à trouver des informations, à les exploiter et à les présenter à d’autres personnes. Il y a aussi une partie enseignement où l’on restitue ce que l’on a appris. » Elie insiste lui sur la dimension communication scientifique : « Il faut faire un condensé et le présenter aux membres de son équipe, mais aussi des chercheurs dans d’autres labos et même dans d’autres pays. Les points forts du doctorat c’est aussi qu’à la fin on sait prendre des décisions et se débrouiller seul. » Bref, « c’est une expérience professionnelle à 100%, résume Ali, mais la nature du travail et des responsabilités est différente de celle de l’entreprise. Il y a moins de parties opérationnelles et administratives, plus de réflexion, d’enseignement et de transmission des connaissances. »

Il est d’autant plus intéressant de se lancer que de plus en plus de groupes internationaux ne veulent que des doctorants sur certains postes. Attention cependant, le doctorat n’est pas un sésame dans tous les cas. Si les enseignants-chercheurs sont à 98% des docteurs, en France, la barrière à l’entrée est haute dans le monde industriel. « C’est plus difficile de trouver un travail plus opérationnel, à cause des idées reçues sur le doctorat : trois ans sans expérience professionnelle en équipe ; un profil plus théorique, plus technique, avec la réputation d’aimer travailler seul… » explique Ali. Mais une fois dans l’entreprise, on confie souvent aux docteurs les tâches qui demandent le plus de réflexion. A l’inverse, il est toujours possible de faire un doctorat après quelques années dans la vie active. « Chez Bell Labs, département de recherche d’Alcatel-Lucent, il y a 60% de docteurs et 40% d’ingénieurs. Les ingénieurs de recherche ont un rôle essentiel à côté des docteurs pour mener le projet à terme. Après, s’ils ont envie de progresser dans leur environnement, ils ont la possibilité de faire une thèse en parallèle de leur travail. »

Finalement, Anaïs conseille d’avoir un projet assez mûr avant de se lancer. « Pour faire de la recherche industrielle le Cifre est idéal, en revanche pour faire de la recherche académique ce n’est pas bien vu car le doctorant n’a jamais donné de cours. » Rappelons que la thèse, ce vaste champ de possibles, dure trois ans. Avant de se lancer, mieux vaut donc être patient et motivé par son sujet.

Faire sa thèse en Cifre

Le dispositif CIFRE (Conventions Industrielles de Formation par la Recherche) subventionne toute entreprise de droit français qui embauche un doctorant pour le placer au cœur d’une collaboration de recherche avec un laboratoire public. Les CIFRE sont intégralement financées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche qui en a confié la mise en œuvre à l’ANRT. En savoir +

Crédits photos : Marco Boubille – Relations Entreprises Télécom ParisTech

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