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Quelles alternatives à l’acceptation sociale massive de la surveillance ?

La chaire Valeurs et politiques des informations personnelles de l’Institut Mines-Télécom organise le 28 janvier prochain sa 5e Rencontre, sur le thème « Acceptation sociale massive de la surveillance : quelles sont les alternatives possibles à la passivité des usagers ? ». Ce 28 janvier sera également la 8e journée de la protection des données personnelles, célébrée chaque année ce jour-là (1). A l’occasion de cette rencontre, nous avons posé 3 questions à Claire Levallois-Barth, coordinatrice de la chaire.

Dans le coClaireLevalloisntexte de « l’affaire Snowden », du nom de l’ex-consultant de la NSA qui a révélé l’existence de programmes américains de surveillance de l’Internet, la question de l’utilisation des informations personnelles est au cœur de l’actualité. Or, ces informations sont souvent fournies par les usagers eux-mêmes. Pour autant, peut-on parler d’acceptation massive ?

Pas si sûr. L’affaire Snowden a eu un réel impact sur les usagers de l’Internet, amenés à modifier leurs comportements. Et s’il est encore difficile de mesurer ces changements sur les réseaux sociaux où les données sont cachées, un chiffre concernant les usages professionnels est d’ores et déjà révélateur : en quelques mois, les entreprises américaines du cloud ont perdu 30% de leur part de marché.

En provoquant une réaction sociale forte, cette affaire a remis la question de la vie privée au centre du débat public. Mais, désormais conscients des risques encourus, les internautes disposent-ils de moyens pour limiter l’exploitation de leurs données ?

Nombre d’entre eux développent des stratégies personnelles et « polluent » les bases de données en les alimentant de fausses informations, en brouillant les pistes, en quelque sorte. Pour cela, ils utilisent des pseudonymes, adoptent plusieurs identités numériques, fournissent des dates de naissance ou adresses erronées… Il existe également des logiciels spécialisés. Ainsi, la CNIL recommande l’utilisation d’Adblock Plus, une extension téléchargeable du navigateur, qui bloque les cookies et empêche la traçabilité. Enfin, un véritable travail sur les conditions générales d’utilisation et le paramétrage des données personnelles doit s’engager.

La chaire Valeurs et politiques des informations personnelles de l’Institut Mines-Télécom a été lancée en avril 2013. Où en sont aujourd’hui ses travaux ?

Les questions touchant à la diffusion et à l’exploitation des données personnelles sont au cœur des préoccupations de la chaire. Elle a recruté un chercheur contractuel et une doctorante qui travaillent  sur la question des identités. Depuis sa création, la chaire organise des conférences, gratuites et ouvertes au public, dont l’objectif est de susciter débats et questionnements sur un sujet, avec l’ensemble des parties prenantes, dans une approche pluridisciplinaire : technique, juridique, éthique et économique. Elle propose également, à partir de février, des séminaires académiques. Ceux-ci, programmés au rythme d’un par mois, sont également ouverts au public. Enfin, elle réunit régulièrement ses partenaires pour des journées de travail sur la question des identités numériques, des big data et des contributions. La chaire compte actuellement quatre partenaires : le groupe Imprimerie nationale, BNP Paribas, Dassault Systèmes et la CNIL. Toute entreprise qui le souhaiterait est invitée à les rejoindre.

5e Rencontre de la chaire Valeurs et politiques des informations personnelles
« Acceptation sociale massive de la surveillance : quelles sont les alternatives possibles à la passivité des usagers ? »
28 janvier 2014, 17 h à 19 h
Institut Mines-Télécom, amphi B312, 46 rue Barrault, Paris 13e
Programme et inscription (gratuite)

En savoir + sur la chaire

(1)  Cette date correspond à la date anniversaire de l’ouverture à la signature, en 1981, de la Convention 108 du Conseil de l’Europe pour la protection des personnes à l’égard du traitement automatisé des données à caractère personnel

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